Alfred Ouoba, président du comité directeur du Festival Diélembu au Gulmu : “Nous cherchons à faire le développement et à présenter la culture du milieu rural à l’extérieur”
vendredi 24 avril 2009
Dans l’ambiance carnavalesque du festival, Sidwaya Mag Plus a pu rencontrer le promoteur Alfred Ouoba. Président de l’Association Todiyaba, il se dit confiant quant à l’avenir du FESDIG et ses retombées sur les populations locales.
Sidwaya Mag Plus : Depuis quand, le Festival a été créé ?
Alfred Ouoba : Ce festival existe depuis six ans, mais l’idée a germé en moi, il y a dix ans de cela. J’ai mis trois années avant de lancer la première édition en 2004.
S.M.P. : Qu’est-ce que vous visez à travers ce festival ?
A.O. : Le FESDIG, comme l’indique le thème de cette sixième édition qui est : “culture, facteur d’ouverture et de développement”, veut supposer qu’à travers cette manifestation, nous cherchons à nous impliquer également dans le développement des zones rurales et à présenter leur aspect à l’extérieur.
Nous voulons permettre aux populations de ces zones de la région de l’Est, de pouvoir nouer des contacts avec les populations des villes et des partenariat d’échange sur le plan culturel et sur les actions à mener pour le développement.
S.M.P. : Après six ans d’existence, qu’est-ce qu’on peut tirer comme enseignement ?
A.O. : L’organisation des éditions précédantes nous a beaucoup édifié. L’innovation cette année, a été une révision du programme pour l’adapter aux réalités du terrain.
Aussi, nous avons réussi à faire venir des artistes de taille pour créer beaucoup plus d’ambiance. La préparation sur le site a été aussi une innovation en tant que telle. Parce que les éditions passées n’ont pas regroupé un si grand monde et un grand nombre de stands d’exposition. Nous avons pour cette année, pris un certain nombre de dispositions pour alimenter les stands en lumière, à partir d’un groupe électrogène. Cela va permettre aux exposants de rester aussi longtemps que possible dans leurs stands durant les soixante douze heures du festival.
S.M.P. : Vous avez associé la manifestation culturelle à une foire agro-pastorale, comment expliquez-vous cette démarche ?
A.O. : Notre démarche par rapport à cette mini-foire agropastorale montre la spécificité de la tenue de cette manifestation culturelle en milieu rural, dans un village qui est Tiantiaka. Ce festival a été créé pour valoriser les traditions culturelles de nos paysans, agriculteurs, éleveurs, artisans et artistes du terroir. Quand une activité culturelle de ce genre est organisée en milieu rural, sans associer les producteurs, l’objectif ne peut pas être atteint.
C’est ainsi que nous nous sommes dit qu’un festival en zone rurale viserait à encourager les agropasteurs avec cette mini-foire.
Il permettra également aux gens de compétir dans différentes disciplines artistiques et recevoir des prix d’encouragements.
Tout chose qui les motivera à produire plus.
S.M.P. : Comment vos partenaires apprécient la manifestation ?
A.O. : Ils ont très bien apprécié ce festival pour son organisation en milieu rural, et son envergure. Ce n’est pas chose facile d’implanter un aussi grand site au milieu des cases, avec tous les décors qui conviennent. Le déplacement dans la localité de tout ce matériel sono, exige une mobilisation et un savoir-faire organisationnel. Ils ont surtout apprécié le sens du partage entre les membres de l’Association Todiyaba et les populations et surtout, le soutien de nos amis festivaliers venus de Belgique, d’Allemagne et de France. Ces partenaires sont présents pour vivre le festival, mais aussi pour partager leurs expériences avec nos populations. La preuve est que sur le site, ils tiennent des stands d’animation, associent les élèves à ces manifestations.
Ils font également des prestations sur le podium, avec des numéros de cirque. C’est une forme d’échanges culturels qui permettra au FESDIG de construire le pont de l’amitié entre populations du Nord et du Sud.
S.M.P. : Les rideaux viennent de tomber pour cette sixième édition. Qu’envisagez-vous pour les prochaines ?
A.O. : Mon souhait est de voir évoluer sur ce podium, des groupes européens. Des gens qui ne viennent pas dans l’intention de se produire pour attendre en retour, un cachet mais simplement dans le but de partager de tout cœur, ce qu’ils ont avec les populations. Je pense que ce podium peut à l’avenir servir de creuset à la sélection des meilleurs artistes et artisans de la région, pour des prestations lors des grands festivals en Europe.
Cela permettra à ces artistes de vivre de leur art.
S.M.P. : Quel est votre dernier mot ?
A.O. : Qui parle de développement sans parler de culture, doit se dire qu’il manque quelque chose. A mon avis, ce festival est à la fois une culture impliquant le développement.
Il va permettre au milieu rural de s’ouvrir au monde extérieur.
L’année dernière, nous avons reçu l’un des plus grands festivals belges : “Esperanza” qui a fait le déplacement au Burkina Faso pour vivre l’événement à Tiantiaka. Nous avons un partenariat qui a bien démarré et cela suppose que bientôt avec la consolidation de ce partenariat, nous pourrons faire partir des artistes et des artisans du Gulmu pour montrer leurs talents en Europe.
Interwieu réalisé par
Privat OUEDRAOGO