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Les rebelles touaregs, fortement soutenus par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), depuis le 17 janvier 2012, ont lancé une offensive dans plusieurs villes du Mali, suivie d’intenses attaques successives contre l’armée régulière. Cette situation a vite fait de provoquer un exode massif de réfugiés maliens vers les pays voisins dont le Burkina Faso.
Ces populations, qui fuient l’insécurité, la violence et la xénophobie dans leur propre pays proviennent de Gossi, de Boulkessi et de Tébérinte et affluent par vagues successives vers les villes burkinabè de Djibo, de Ouahigouya, de Bobo-Dioulasso et même de Ouagadougou.
De 36 personnes à la date du 2 février dernier, ils sont aujourd’hui très nombreux à demander l’hospitalité chez leurs voisins burkinabè, nigériens, mauritaniens, algériens… Dans le nord du Pays des hommes intègres, on signale des milliers d’expatriés maliens qui ont été bien accueillis par les autorités locales. Parmi les fuyards, on compte des individus de toutes les couches sociales et de toutes les conditions, des militaires et des paramilitaires qui ont déserté. Environ 500 à 600 personnes sont venues se réfugier dans la localité de Mentao à plus de 200 km au nord de la capitale burkinabè, qui abritait déjà des réfugiés à l’époque de la rébellion touarègue des années 1990.
C’est bien connu, la déstabilisation d'un pays entraîne immanquablement un contrecoup chez ses voisins immédiats. Le conflit armé dans la région des Grands-Lacs, qui est, depuis plus de 15 ans, un foyer de tensions déstabilisatrices de l’ensemble de l’Afrique central ainsi que la crise ivoirienne, qui a vu la chute du président Laurent Gbagbo en 2011, sont bien illustratifs de cela. La nouvelle révolte touarègue au pays de Modibo Keïta n’échappe pas à cela.
Déjà avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), on sentait la turbulence dans le Grand Nord, et avec la nouvelle situation au Mali, la confusion est encore aux portes du Burkina. L’afflux de réfugiés sur les territoires voisins ne va pas sans problèmes. Outre les ennuis liés au logement, à la nourriture, à la santé…, le conflit touareg au Mali induit des conséquences énormes pour le Burkina, par le seul fait des réfugiés qui y affluent.
Aux dernières nouvelles, le système des Nations unies aurait pris l’initiative de dépêcher une mission exploratoire sur le terrain. C’est sans doute la même démarche que vont adopter l’Etat burkinabè et certainement les organisations non gouvernementales (ONG) dans cette partie du continent africain. L’important est d’agir hic et nunc pour trouver des solutions idoines à la situation, plutôt que de la laisser pourrir, au risque d’avoir à guérir le mal pour n’avoir pas eu le réflexe de le prévenir à temps.
De toute évidence, la résolution de la crise qui sévit aujourd’hui au Mali est une urgence pour le Mali, mais aussi et surtout pour ses voisins, car, comme le dit l’adage, «quand la case du voisin brûle, il faut l’aider à éteindre le feu, sous peine de voir la sienne partir également en fumé». Pendant qu’on y est, les bonnes volontés dans les pays limitrophes du Mali que sont l’Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée (Conakry), le Sénégal et la Mauritanie ont toutes intérêt à s’impliquer dans la recherche d’un dénouement heureux dans l'ex-Soudan français. Le président Blaise Compaoré, l’expert attitré en résolution de crise a, là, encore une fois, l’occasion de faire valoir ses talents de médiateur. La sous-région y gagnerait certainement en tous les cas en paix et en stabilité.
D. Evariste Ouédraogo
L'observateur paalga
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