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Le 40e sommet ordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se tiendra, les 16 et 17 février 2012, à Abuja, dans la capitale nigériane. Une dizaine de chefs d’Etat dont le président du Faso, devront prendre part à ce rendez-vous très attendu. Outre, l’actualité brûlante de la piraterie dans le golfe de Guinée et la rébellion touarègue qui nécessiteront de grandes décisions, les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest auront à désigner le futur président de la Communauté et de celui de la Commission. Ce dernier poste pourrait revenir à notre compatriote, l’ancien Premier ministre, Kadré Désiré Ouédraogo.
Sauf coup de théâtre, le poste de président de la Commission de la CEDEAO devrait échoir à Kadré Désiré Ouédraogo, le 16 février prochain, à Abuja. C’est l’avis général des milieux diplomatiques très avisés. Cela mettra certainement fin à environ deux ans de manœuvres politiques pour ce poste. On se souvient, en effet, que depuis le départ de Mohamed Ibn Chambas (début 2010) de la tête de cette commission, son fauteuil est provisoirement occupé par le Ghanéen, James Victor Ghého. Le candidat du Burkina Faso, selon des sources très avisées, serait en bonne position pour ravir ce poste à son challenger, le Béninois Jean Marie Ehouzou.
Ce, d’autant qu’à la suite du sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO du 18 octobre 2011, qui avait débouché sur une impasse, les nuages semblent à présent se dissipés. Compte tenu de l’aura dont bénéficiera Blaise Compaoré en tant que faiseur de paix dans la sous-région et en Afrique en général, certains chefs d’Etat pensent qu’il serait logique d’octroyer ce poste à Kadré Désiré Ouédraogo C’est d’ailleurs à ce titre, que lors du sommet de l’Union Africaine les 30 et 31 décembre 2011 à Addis-Abeba, le président béninois, Yayi Boni, aurait décidé de retirer son poulain. Selon toute vraisemblance, ce poste devrait revenir à Kadré Désiré Ouédraogo. L’ancien Premier ministre a eu à occuper en 1985, le poste de secrétaire exécutif adjoint chargé des affaires économiques au sein de la CEDEAO. Actuellement ambassadeur du Burkina auprès de la commission de l’Union européenne, il a donc le profil d’un technicien rompu aux projets d’intégration.
Concernant toujours les postes électifs, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara (ADO) serait pressenti pour succéder à Abuja, à Goodluck Jonathan, à la présidence en exercice de la CEDEAO. Si cela s’avérait, la Côte d’Ivoire signerait ainsi, son grand retour au devant de la scène politique sous-régionale. Elle en a les moyens et les atouts. ADO, président en exercice et Kadré Désiré Ouédraogo, président de la Commission tous de la CEDEAO, c’est un nouvel ordre sous-régional qui est en voie de se dessiner. En dehors des postes électifs, les dirigeants ouest africains aborderont les questions sécuritaires, notamment dans le Sahel et la piraterie dans le Golfe de Guinée. Deux véritables fléaux qui ne manquent pas de donner des insomnies aux dirigeants Ouest-africains. Au Mali par exemple, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), soutenu par d’autres rebelles et doté d’un arsenal de guerre impressionnant ramené de la Libye, se livre depuis mi-janvier, à une vraie bataille dans le Nord, contre les troupes loyalistes. Ces combats ont contraint, à ce jour, plus de 50 000 réfugiés maliens à l’exode.
Au Burkina, environ 10 000 d’entre eux ont trouvé refuge dans des centres d’accueil. Lors de ce sommet d’Abuja, il ne serait pas exclu que les chefs d’Etat confient la médiation de ce conflit au président burkinabè. Pour avoir contribué à faire taire les armes dans cette zone sahélienne dans les années 1990, Blaise Compaoré connaît aussi bien le terrain, les belligérants et les intentions. Il ne manquera pas de réussir par le dialogue là où certains jusqu’auboutistes ne cessent de réclamer une coalition des forces armées sous-régionales afin d’anéantir les rebelles. Par contre, pour ce qui est de la piraterie maritime dans le Golfe de Guinée, c’est une autre paire de manches. Des bandits armés écument les mers, dépouillent quasi quotidiennement les navires et prennent des otages. Face à cette insécurité grandissante, les bateaux se rétractent à prendre la direction du Golfe de Guinée. Ce qui constitue un manque à gagner significatif en termes de revenus pétroliers et de taxes pour bon nombre de pays dont la survie économique en dépend. Pour ce faire, seule une coalition des forces et des moyens de différents pays pourrait venir à bout de cette gangrène. A Abuja, il faudrait plus que des paroles pour amener les pirates à la raison.
Frédéric OUEDRAOGO
Sidwaya
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