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Cela fait dix ans que le leader charismatique de l'Union nationale pour l'indépendance de l'Angola (L'UNITA) est mort, abattu au cours de combats avec les forces gouvernementales angolaises le 22 février 2002. Sa disparition tragique n'a pas ramené tout de suite la paix, même si elle a mis fin à plusieurs années de conflit armé. Pourtant, tout avait été mis en œuvre pour en finir avec les hostilités à travers l'organisation d'une élection présidentielle en 1992 sous l'égide de l'ONU.
Mais une fois l'UNITA battue aux élections, Jonas Savimbi a dénoncé des fraudes et s'est retiré du processus de sortie de crise pour reprendre le maquis, menant une guerre de terreur qui s'est terminée avec son élimination physique.
Celui qu'on appelait Galo Negro (coq noir) sacrifié sur l'autel de la paix, on s'attendait à ce que l'Angola change profondément, mais force est de constater que dix ans après Savimbi, beaucoup de choses restent en l'état. Certes, la paix sociale est revenue et l'UNITA, qui la troublait, est devenue l'ombre d'elle-même sans son leader charismatique et les moyens financiers illicites provenant des zones sous son contrôle où se menaient toutes sortes de trafics ; cependant sur le plan politique, c'est la même chape de plomb qui pèse sur l'Angola : toujours le même chef d'Etat, Edouard Dos Santos, qui pratique une démocratie apprivoisée, comme c'est le cas dans de nombreuses démocratures sous nos tropiques avec des opposants qui servent de faire-valoir.
Après 32 ans de règne, le successeur d'Agostinho Neto n'est toujours pas rassasié et conserve intacte sa boulimie du pouvoir.
Sur le plan économique, le pétrole, dont l'Angola est le 2e producteur africain après le Nigeria, est géré de façon opaque.
Le clan présidentiel a la mainmise sur les ressources nationales. Les ONG et la société civile ne cessent de critiquer la répartition de la manne pétrolière, qui aurait pu faire de l'Angola un dragon d'Afrique à l'image de ceux de l'Asie orientale. Tant que le bouchon Dos Santos ne va pas sauter, il y aura cette mal gouvernance politique et économique.
Va-t-il se résoudre à partir ou à préparer son départ ? Ou va-t-il attendre qu'on le pousse vers la sortie par suite d'une grogne socio-politique comme ces chefs d'Etat qui se sont scotchés au fauteuil contre vents et marées pour finalement le quitter tristement ? Malheureusement les dirigeants africains ne retiennent jamais de leçon de l'histoire.
Adama Ouédraogo Damiss
L'observateur paalga
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