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Les détenus de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou ont reçu, le 29 novembre 2011 la visite de WaterAid. L’ONG internationale est allée parler hygiène et assainissement avec les locataires de la MACO et procéder à une remise de dispositifs de lavage des mains. C’était à l’occasion du lancement du projet d’amélioration des conditions hygiéniques dans le milieu carcéral. Saviez-vous que 60% des maladies en Afrique subsaharienne sont causées par le manque d’hygiène ? Peu importe la réponse. Imaginez un peu le taux de maladies du genre dans les milieux carcéraux où les personnes ont un accès encore plus limité aux services d’hygiène et d’assainissement ! C’est cette réalité qui a suscité le lancement, ce 29 novembre à la MACO, de la campagne intitulée «Mains propres en prison».
L’activité elle-même s’inscrit dans le cadre du projet d’amélioration de l’hygiène et de l’assainissement en milieu carcéral au Burkina Faso. Son objectif, selon le représentant national de WaterAid, Halidou Koanda, est de réduire le taux de prévalence et de transmission des maladies des mains sales dans les centres de détention.
Pour lui, il s’agit de faire en sorte que les détenus adoptent les règles hygiéniques pendant et même après leur incarcération. Cela se fera à travers la mise à la disposition des prisons des dispositifs de lavage des mains ; la sensibilisation des prisonniers et des responsables pénitentiaires à l’importance du lavage des mains ; un plaidoyer pour l’amélioration des conditions hygiéniques des incarcérés. Le projet, qui est à sa phase pilote, s’étendra, en plus des prisons de Ouagadougou, à celles de Koudougou et de Tenkodogo.
Pour les responsables des centres de détentions, le projet est le bienvenu, car, à entendre le directeur de la Détention et de la Sécurité, Eloi Guigma, représentant le directeur régional de la garde de sécurité pénitentiaire, «l’hygiène des détenus constitue une préoccupation majeure pour la Cour d’appel de Ouagadougou». Pour le cas spécifique de la MACO, il faut dire que l’établissement a été construit en 1962 pour abriter 400 individus. Aujourd’hui, son effectif est à d’environ 1600 détenus. Cette surpopulation a nécessairement entraîné des difficultés d’accès aux services d’hygiène.
Eloi Guigma a ainsi émis le vœu de voir naître un partenariat entre WaterAid et la garde de sécurité pénitentiaire pour améliorer le cadre de vie des personnes faisant l’objet de privation de liberté
La secrétaire générale du ministère de la Justice et de la promotion des droits humains, Victoria Kibora, qui a patronné le lancement du projet au nom du chef dudit département, a, pour sa part, félicité l’ONG pour son intervention dans ce milieu dont l’évocation du nom suscite le dédain. Elle a par ailleurs assuré aux détenus que les autorités de notre pays, avec l’appui des partenaires, feraient ce qui est en leur pouvoir pour faire de leur milieu un cadre décent.
Séance tenante, les visiteurs d’une matinée ont remis aux autorités de la MACO des savons et des dispositifs de lavage de mains ; un don favorablement accueilli par les bénéficiaires, qui ont d’ailleurs promis d’en faire bon usage. Des autorités coutumières, militaires et paramilitaires ont pris part à ce top de départ des activités du projet. Et pour dire à tous ces invités combien il est important de se laver les mains au savon avant de manger, l’honneur est revenu à la troupe de l’espoir et au groupe théâtral de la MACO de faire deux sketchs de sensibilisation. Des artistes, à savoir le groupe Faso Kombat, Ismo de Vitalo, Nama Jacky ou encore l’agent de la garde de sécurité pénitentiaire Tim Salloum, ont apporté du boum aux cœurs des incarcérés.
Jaunasse Yaro
(stagiaire)
L'observateur paalga
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