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Le procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou, Honorine Méda/Dabiret, a animé un point de presse, le 15 février 2012 à Ouagadougou sur les crimes de foule commis suite à la mort de l’élève Justin Zongo, le 20 février 2011 à Koudougou. Il ressort que les procédures judiciaires enclenchées sur ces événements ont débouché sur l’inculpation de 4 officiers de police judiciaire (policiers) et de 4 civils.
Huit personnes (4 policiers et 4 civils) ont été inculpées dans les affaires connexes à l’affaire Justin Zongo. Aux quatre officiers de police judiciaire, viendra s’ajouter un gendarme qui devrait être aussi inculpé dans les jours à venir. C’est l’information principale fournie aux journalistes par le procureur général, Honorine Méda/Dabiret. Dans les détails, Mme Méda a indiqué que ces personnes ont été inculpées au terme de procédures judiciaires engagées, consécutives aux manifestations de protestations organisées, les 22 et 23 février 2011 à Koudougou et dans des communes environnantes, après le décès de l’élève Justin Zongo, le 20 février 2011 dans ladite ville. Selon le procureur général, ces marches de protestations ont dégénéré en des scènes de violences et il en a résulté des pertes en vies humaines et des dégâts matériels : trois cas de décès à Koudougou : Assad Aboubacar Ouédraogo, Wend Kuuni Kissou et Issa Bado, un mort à Kindi : Michel Bouda et deux décès à Poa, Mohamed Zoubga et l’agent de police André Dabiré. 208 cas de blessés légers et graves dont 28 étudiants, 40 élèves, 54 gendarmes, 53 policiers et 33 autres personnes de diverses catégories socioprofessionnelles ont été également enregistrés.
Au titre des dégâts matériels, on note l’incendie des locaux du gouvernorat de la région du Centre- Ouest et 12 véhicules d’intervention de la gendarmerie nationale. Dans les faits relatifs au décès de l’élève Mohamed Zoubga et de l’agent de police André Dabiré, de destruction, de dégradation et incendie volontaire de biens meubles et immeubles à Poa, l’instruction a pu réunir des indices graves et concordants de culpabilité de quatre personnes. Deux parmi elles sont détenues a la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Et de l’avis de Mme Méda, l’instruction de ce dossier devrait être bientôt close. Au sujet de la mort de l’élève Michel Bouda à Kindi, le procureur général a indiqué que ce dossier est clos et est actuellement au parquet pour règlement définitif, même s’il faut encore attendre l’étape de la Cour d’appel. Dans ce dossier, ce sont deux personnes que le juge d’instruction a inculpées dont une en détention à la MACO. Les deux personnes inculpées dans les faits relatifs à la mort de Assad Aboubacar Ouédraogo, Wend-kuuni Kissou et Issa Bado, à la dégradation, destruction et incendie volontaire, coups et blessures volontaires à Koudougou, sont toutes détenues à la MACO. L’instruction suit son cours et le dossier a été transmis à la Chambre criminelle. C’est dans ce dossier que devrait intervenir l’inculpation éventuelle d’un 5e officier de police judiciaire suspecté d’avoir participé à la commission des faits.
Le décès de l’élève Justin Zongo à Koudougou, le 20 février 2011, avait donné lieu à des manifestations violentes de scolaires dans cette ville et après dans plusieurs localités du Burkina. Convaincus que leur camarade est décédé suite à des traitements sévères reçus à la police, les élèves protestaient contre la thèse selon laquelle Zongo est plutôt mort de méningite. L’affaire Justin Zongo a connu son dénouement avec le procès des trois policiers inculpés en juillet dernier, lors de la session spéciale de la Chambre criminelle de Ouagadougou. Elle les a condamnés à des peines d’emprisonnement ferme, allant de 8 à 10 ans.
Gabriel SAMA
Sidwaya
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